inoussa.centerblog.net jette l'éponge

inoussa.centerblog.net jette l'éponge
"Enfin, je suis au regret d'annoncer ici la fermeture du blog inoussa.centerblog.net. Je réfléchis à une autre manière de mieux vous servir. Recevez tous mes meilleures salutations."

C'est sur ces mots qu'Inoussa journaliste et blogueur sur l'actualité comorienne tire sa révérence. A-t-il subi une pression quelconque? A-t-il franchi les limites? Quelles sont les raisons qui ont poussé Inoussa à quitter la comoblogosphere? J'ai lu le premier billet d'Inoussa posté le 15.08.2007 sur la tenue d'une conférence de presse du gouvernement anjouanais en exil puis les billets se suivaient tantôt tendres ou hostiles aux gouvernements Sambi ou Bacar. La vie d'un blogueur comorien n'est pas du tout un parcours de santé puisqu'il faut faire fasse aux critiques injustifiées et aux coups de bec des partisans des hommes de pouvoir.

Peu importe la qualité de la plume d'Inoussa, c'est son regard sur l'actualité qui était intéressante puisque pour une fois dans l'histoire des Comores nous disposions d'une diversité d'opinion qui apportait sa richesse à l'information. Sans tomber dans le sentimentalisme bien que j'avais critiqué Inoussa sur un billet sur le séparatisme à Anjouan mais Inoussa par son engagement représente une forme de journalisme pour les Comores.

Néanmoins ce que je trouve regrettable c'est toujours les commentaires et attaques personnelles n'ayant aucun rapport aux informations publiées. Notre pays avancera d'un pas si nous structurions un peu les choses en faisant la différence entre des propos publics et des propos tenus dans la sphère privée. Certes les blogueurs sont responsables de ce qu'ils écrivent mais l'enjeu doit rester l'information et rien d'autre. Je termine par un hommage à ce cher Inoussa qui a contribué par ses billets à diversifier les points de vue, ne décroche pas.
# Posté le samedi 01 mars 2008 06:26

Une image detournée mais qui illustre bien l'etat d'esprit à Anjouan

Une image detournée mais qui illustre bien l'etat d'esprit à Anjouan
Voilà ce qui risque de se passer si le régime de Bacar persiste et signe.
# Posté le vendredi 29 février 2008 07:37

Doter les îles Comores de vrais outils d'aide à la gouvernance

Doter les îles Comores de vrais outils d'aide à la gouvernance
Sans plus attendre liquider les 32 ans d'absence de gouvernance aux îles Comores !


Les résultats sont là ! Plutôt l'absence de résultats est flagrante. Je ne vais pas critiquer l'indépendance car je ne veux pas faire le jeu des nostalgiques de l'époque coloniale. L'emancipation d'un peuple en soit n'est pas une mauvaise chose. Ce qui a été mauvaise c'est la façon dont cette émancipation a été gerée. Les bouc émissaires sont tout désignés et c'est de cela que j'invite l'ensemble de nos compatriotes à non faire porter le chapeau à une élite mais pluôt à un systeme qui a trouvé son enracinement dans la socièté. 32 ans de declin c'est n'est pas pour rien, c'est chaque Comorien a sa part de responsabilité. Inutile de continuer à avoir le même logiciel.

Je propose un exercice simple, ludique et clair: établir un diagnostique sur tout ce qui a constitué nos failles et sans chercher les coupables. Il s'agira d'un veritable etat des lieux afin de connaitre quelles causes ont engendré telles conséquences. Pour y parvenir il faut qu'une commission parlementaire travaille avec les formations politiques, syndicales, patronales, associations à but non lucratif, ONG et organismes oeuvrant pour le développement des Comores. Ces entités seront chargées de mener des audits sur des domaines spécifiques afin de dégager les principales recommandations.

La commission parlementaire s'appuyera sur les recommandations des differents organismes ayant participer à cet audit pour proposer un cahier de décisions à mettre en oeuvre tout en évaluant les moyens financiers et humains à mobiliser pour réussir les défis. Compte tenu des defaillances et des déficits dans certains domaines, les solutions ne feront pas l'objet de tergiversation puisque l'urgence de la situation ne laissera pas la place aux querelles technocratiques.


Pour donner un nouvel an aux îles Comores, une nouvelle gouvernance est nécessaire mais elle ne doit pas faire l'objet d'improvisation. Cela reviendrait à doter l'Etat des outils d'aide à la décision comme les recommandations de cet audit, inviter les formations politiques à se prononcer sur des propositions plutôt que se la couler douce dans une opposition stérile et enfin favoriser l'accès de l'information à la société civile en développant les technologies d'information et les centres de documentation et d'information. En mettant à la disposition de la population des informations sectorielles sur tous les domaines, l'on va favoriser la connaissance des problèmes et les citoyens se forgeront une opinion qui va s'exprimer sous forme de valeurs. Les valeurs apporteront l'éthique nécessaire pour responsabiliser chaque citoyen. Pour exemple, je ne crois pas que le racisme ou le clivage entre citadin et campagnard à Anjouan résulte davantage d'une ignorance que d'une simple fatalité.
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# Posté le jeudi 28 février 2008 14:29

Tordre le coup aux idées reçues

Tordre le coup aux idées reçues
Entre avoir un mal fou à la gorge et laisser sortir les larmes, je préfère l'option n°2. Après tout les gonzesses n'ont toujours pas tort. Je sais les autres mecs vont juste s'arrêter sur ça ou abandonner la lecture de ce billet mais ce n'est pas grave car je sais que le soir au fond de leur couette, ils chialent un bon coup. Pourquoi? Un mec ça pleure quand il y a personne, question de pudeur puis avouons aussi que le son qu'on dégage n'est pas terrible. Maintenant les filles vous comprendrez pourquoi les mecs se cachent pour verser quelques larmes à l'abri des regards google que vous avez. Il suffit de se faire surprendre une fois et la nouvelle arrive en top de résultats de google, msn et yahoo.

Les gens qui me connaissent me décrivent comme un roc. C'est flatteur pour mon côté viril. Par contre l'effet inverse c'est d'être perçu comme quelqu'un de dur, froid et insensible. Dans un monde dominait par la sensibilité on fait office d'extraterrestre. Avant le temps d'un film indien, j'avais systématiquement la gorge serrée. Drôle de sensation mais hors de question de passer pour une nana du coup je prétextais une pause frigo afin d'échapper aux moqueries. Puis un matin ma cousine osa une question indiscrète: as-tu déjà pleuré en dehors de la maladie ou d'un décès d'un proche? Je n'en revenais pas qu'on m'ait posé cette question indiscrète. J'ai joué le jeu et j'ai répondu: plusieurs fois ne serait-ce qu'hier soir je me suis fait un petit peu plaisir. Sans m'en rendre compte je venais de casser un mythe. Oui un mythe qui s'effondre mais je venais de gagner en humanité. Inutile de vous dire que j'ai eu droit au petit déjeuner servi alors que d'habitude je me débrouille. Quelque jours plus tard je lisais un livre d'enseignement religieux et je suis tombé sur cette vérité: la miséricorde présente sur Terre est la 99ième part de la miséricorde d'Allah et que cette miséricorde se manifeste sous la forme de la tendresse, de la pitié, de cette mère lionne qui caresse et protège sa progéniture... c'est la tendresse de la mère qui allaite son bébé j'en passe les clichés. Alors si je n'arrive pas à exprimer le peu de miséricorde présente sur Terre ce que je dois avoir un c½ur hyper dur. L'humanité dégagée et la grâce divine, sans plus attendre m'ont convaincue de ranger mon habit de roc pour devenir un humain tout simplement.
# Posté le mercredi 27 février 2008 17:44
Modifié le mercredi 27 février 2008 17:57

Ce qu'en pensent les Mahorais

Ce qu'en pensent les Mahorais
Je devrais plutôt dire ce que devraient penser les Mahorais pour être tout à fait vrai dans mes propos. J'ai vécu plus de deux ans à Mayotte. J'ai eu à discuter avec toutes les sensibilités de pensée en vigueur à Mayotte et pendant mes études je n'ai cessé de rester en contact avec des Mahorais. Pourquoi je raconte tout cela? Je m'inscris dans une démarche constructive suite à un long travail d'écoute de différentes opinions.

N'en déplaisent aux puristes comoriens, le constat est accablant: les non Mahorais des autres îles des Comores continuent de voir les Mahorais comme de grands enfants en cours de civilisation. Lorsque je passais mes vacances de lycée à Anjouan et que je déclarais que j'étais lycéen à Mamoudzou. Après deux ou trois blagues de second degré sur les Mahorais, j'avais toujours la récurrente remarque sur les Mahorais: les Mahorais continuent toujours de confondre la sauce et leur liquide jaunâtre servie comme sauce ou les Mahorais marchent toujours pieds nus. Ces clichés témoignaient toujours d'une méconnaissance et d'une vision archaïque sur les Mahorais. De l'autre côté les Mahorais voient les autres non Mahorais comme des opportunistes qui refusent d'assumer le choix de leur indépendance et qui continuent d'envahir toujours Mayotte. Toujours est-il que l'incompréhension est totale car depuis la rupture de 1975 les deux bords se méfient et continuent de se renvoyer mutuellement la balle. La norme demeure la différence absolue au point qu'à Mayotte l'on a développé une idée selon laquelle les non Mahorais seraient des envahisseurs prêts à recoloniser Mayotte. Ceux ayant vécu aux évènements de 1975 continuent toujours d'endoctriner les générations post indépendance afin d'en faire soit des Mahorais haineux vis à vis des autres frères non Mahorais ou des non Mahorais habités par un sentiment de supériorité pointé d'un sésame d'arrogance.

Ayant passé mon enfance à Anjouan, je n'ai pas le souvenir d'avoir vu des symboles de l'appartenance de Mayotte au giron comorien hormis en cours de géographie où l'instituteur nous faisait dessiner les 4 îles composant l'archipel des Comores. A cet époque l'accent était plutôt mis sur la géographie physique et peu sur les notions d'histoire du pays. En dehors des visites familiales, des mariages entre des conjoints anjouanais et mahorais, très peu d'occasions s'offraient pour rencontrer un Mahorais en chair et en os. Pourtant j'ai encore le souvenir des rencontres sportives, culturelles, cultuelles inter îles: championnat de football, la tournée de la troupe théâtrale Les enfants des Comores, l'anniversaire du Cheikh Said Mohummad Bin Cheikh avec la confrerie Tarikat Chadhuli. Seuls souvenirs de Mayotte furent les pommes et les confiseries en guise de cadeau de la part de la famille mahoraise et les tubes de Papa Djo en cassette VHS. Je m'interroge sérieusement sur l'absence d'efforts de nos dirigeants qui ont cruellement manqué de cultiver par le biais de l'éducation nationale l'appartenance de Mayotte à la famille comorienne. Certes sur le plan politique, la situation reste tendue mais qu'en est-il des domaines culturels, sportifs et cultuels? Quelle est notre part de responsabilité dans la fracture entre Mahorais et les autres Comoriens ? Pensons-nous avoir suffisamment fait pour nous faire aimer et accepter des Mahorais?

Je suis surpris de voir des jeunes Mahorais s'émouvoir à l'idée que nous partagions des références historiques et culturelles communes. Au lieu d'être surpris par la méfiance mutuelle, le quiproquo et la situation tendue, il est peut-être temps d'abandonner nos vieux clichés et entreprendre le chemin de la rencontre entre les deux populations par la voie culturelle, sportive et cultuelle. 32 ans de lutte politique n'ont pas forcement forgé un sentiment d'appartenance et que ça sera encore du gâchis de continuer à produire des nouvelles générations qui s'opposent sur leur identité. Pour répondre à ma question de départ, les Mahorais le diront certainement mieux que moi, ils ont besoin de se sentir aimé.

# Posté le mercredi 27 février 2008 14:08