Faut-il croire à tout ce qu'on lit ou voit? Quel crédit accordé aux images et aux infos diffusées sur les médias? Sommes-nous victimes de désinformation? Où est la vérité dans cette cacophonie? AFP, RFI, Télé Mayotte, Télé Reunion, Al watan, HKZ presse, blogs de news comoriens (comoblogs), ORTC, sites africains d'infos sont-ils manipulés?A l'aune du XXI siecle, le nerf de la guerre demeure la maitrise de l'image et de l'information en provenance du front. Les nouvelles tactiques de guerre fleurissent à chaque conflit: guerre psychologique, guerre propre, frappe chirurgicale, population civile épargnée, de vrais reporters officiels accrédités. Le débarquement à Anjouan n'en est pas épargné. A l'heure d'internet et de l'instantanéité nous sommes submergés d'infos à tel point où la question de la confiance de ce qu'on lit ou voit surgit naturellement. Comme les émissions de télé réalité, voici venu l'heure des reality infos. Presque bon nombre de Comoriens vivent ce débarquement en live avec un nouveau concept: la reality guerre d'Anjouan. La surconsommation d'infos en provenance du front anjouanais place de fait en monopole les comoblogs qui diffusent les dépêches en quasi instantanéité sans aucun traitement, ni vérification derrière à part la cication des sources comme AFP, HKZ. Ce qui pourrait engendrer un risque de manipulation car à l'instar des médias classiques qui ne sont pas assez réactifs, les blogs et sites d'infos suivent au pas les faits et gestes de l'AND et des hommes de Bacar sans tout de même préciser le degré de véracité de ce qu'ils diffusent.
Récemment bon nombre de reportages sur Anjouan et sur Bacar ont été tournés, voyant un colonel fort, sympathique et limite victime de l'oppression de Sambi. Un Bacar combatif, sur de lui et une population aux allures calmes non loin du stress qu'engendrent l'avant débarquement. Quel crédit accordé à ces reportages qui montrent un colonel combatif? Ne s'agit-il pas d'un malheureux déja vu avec Saddam à la veille de l'invasion américaine? Des images qui montrent un colonel bosseur dans son bureau avec des collaborateurs qui sont plutôt du matin. Pourquoi ne nous donne-t-on pas de précisions sur les dates, conditions de tournages et lieu de tournage? Pourquoi les médias français y compris les antennes d'outre-mer ne donnent de la voix qu'au colonel Bacar? Pourquoi n'a-t-on pas droit à des reportages équilibrés où les hommes de Sambi et ceux de Bacar pourront expliquer leurs points de vue sur un même sujet?
De l'autre côté de l'Union des Comores, on n'hésite pas à montrer les hommes de l'AND surentrainés et prêts à affronter les milices de Bacar. On a aussi droit à des mini interviews du chef de l'etat major qui n'arrête pas de minimiser la puissance de feu de Bacar? Quelle responsabilité de ce chef d'état major confiant et qui fait sa COM? Aux allures graves et à ces instants pénibles que subissent les Anjouanais, l'heure n'est-elle pas venue que l'AND se retire et bosse au lieu de faire de la communication? Les médias comoriens au lieu de trouver des moyens ingénus pour couvrir ces évènements se posent en victimes et laissent le champ libre aux médias français qualifiés d'échec les incursions. L'AND ne doit pas demeurer la seule être rappelée à l'ordre et à ses responsabilités, il en va aussi à la presse comorienne de prendre ses responsabilités et de faire son travail. Sans entrer dans des considérations chauvinistes, est-il judicieux de laisser le monopole des images à un pays qui n'a toujours pas clarifié sa position ou un pays soupçonné de soutenir la rébellion anjouanaise?
Les Comores ne sont pas à l'abri d'une couverture médiatique erronée sur le débarquement à Anjouan. Il est naturel que les médias comoriens fassent leur travail mais dans une totale transparence et dans une éthique pour ne pas induire les Comoriens en erreur. Certes la libre interprétation des infos est personnelle mais ces médias ont une responsabilité publique à ne pas nous matraquer de reportages ante datés ou posts datés. Tout n'est pas bon aussi à publier car il en va de la réussite de cette opération. Les Comores méritent une armée avec un etat major avec un rôle clair sans cacophonie bureaucratique entre les technocrates, les hommes de terrain et les alliés. J'en appelle aux internautes lecteurs de comoblogs de prendre avec des pincettes les infos qui sont livrées car elles peuvent être brutes de nature à pouvoir choqué plus d'un. La dictature de l'instantanéité ne doit pas se faire au détriment de la réalité du terrain que nous manquons car aucun citoyen se trouvant à Anjouan nous décrivent le théâtre du point de vue intérieur. kamal ali si tu nous entends.