Le dragueur du RER D

Le dragueur du RER D
Non ce n'est pas le titre accrocheur d'un fait divers extrait du parisien mais une personne réelle qui sévit dans les rames de la plus longue ligne inter banlieue, il s'agit là du RER D que je ne présente pas. Dieu sait le nombre d'heures passées dans les rames du RER D et les retards involontaires occasionnés par ce mille pattes de la SNCF. Le dragueur du RER D; là encore je ne vais pas m'étaler sur les présentations mais avec tout le respect que je lui dois je tiens à lui rendre hommage ici. Ah j'oubliais de vous préciser son prénom Gilles-Ahmed, Gilles pour les filles non comoriennes et Ahmed Alias AH (prononcez EYtche comme en anglais) pour les demoiselles comoriennes. Gilles-Ahmed d'un tempérament optimiste n'a jamais dit ce qu'il fait dans sa vie. Comprenez par là qu'il "s'adapte à son interlocuteur". Dernièrement il avait déclaré exercer le métier d'agent de chanteur de couper décalé, il se présentait comme étant le manager de Djoban Djo international. On ne peut pas lui reprocher de manquer de créativité ni d'imagination. Ne cherchez pas dans Closer, ni Public ou Oups, il fuit les paparazzis et n'a pas de biographe officiel.

Le dragueur du RER D est le contre parisien. Le célèbre dicton metro-boulot-dodo et mauvaise humeur ne s'applique pas à lui. Toujours souriant, il squate les relay pour repérer ses "on sait déja vu quelque part". Il n'est jamais à court d'introduction puisque demander à une personne si on ne sait pas déjà vu quelque part n'est pas une tactique agressive. Quand il a déminé le terrain il s'invite à s'asseoir afin de créer une atmosphère friendly. Après tout pourquoi pas ne pas faire connaissance en me laissant ton numéro bien sur. Gilles-Ahmed n'est pas méfiant, armé d'une positive attitude il déploie son charme de questions issues d'un formulaire pour apprendre à te connaitre.

Comment serait ton trajet si le dragueur du RER D venait à se mettre en grève? Je sais que tu te dis que comme je ne suis pas une fille je ne sais pas ce que sait passer un quart d'heure à attendre son RER D en compagnie du dragueur. Si tu n'as jamais pris le RER D, tu ne peux pas comprendre. Les mauvaises langues avancent que le dragueur du RER D Gilles-Ahmed est autant agaçant que la voie de la gare annonçant un enième retard. Quand il aborde les filles, ça agace et quand il ne les aborde pas, ça agace, me confiait-il totalement désarmé par l'indécision des filles. Le dragueur ne sait pas pour quel saint se vouer puisque il est au moins sur d'une chose: toutes les filles font mine de dire NON mais au fond d'elles, elles aimeraient qu'il continue à les charmer dans les gares. Dragueur du RER D si tu m'entends, tu es la continuité du service public. Service minimum garanti.
# Posté le mardi 17 juin 2008 14:47

Des règles pas très claires en eaux troubles

Des règles pas très claires en eaux troubles
C'est vrai la société comorienne est une société de tradition orale. Tradition orale ne veut pas dire opacité que je sache. On ne peut pas tout écrire. Les règles qu'elles soient écrites ou transmises via la parole doivent demeurer les mêmes. La force d'une règle réside dans l'implication de ceux qui sont en dessous pour la faire respecter, l'appliquer et la faire évoluer s'il le faut. Or je constate par un grand regret que les règles peuvent être bafouées non seulement par les adultes mais aussi par ceux qui sont censés les respecter. L'HONNEUR est devenue une excuse pour piétiner le minimum des choses auxquelles on a convenues de respecter. Puis on tente d'expliquer que au nom de l'honneur de la famille, tout est amendable. Si l'honneur est au dessus des règles dans ce cas il faut créer la règle qui fait que cette honneur demeure suprême.

Encore faut-il que cela soit si clair et limpide mais dans ce domaine, je nage carrément en eaux troubles. Naïvement on serait tenté de croire qu'au sein d'une fratrie les mêmes règles doivent être observées par tous et dans l'intérêt de la fratrie. Il s'avère qu'une règle implicite basée sur l'intérêt personnel et le degré de proximité entre personnes vienne modifier cette fameuse règle officielle. Les paramètres composant la règle implicite relève davantage de la subjectivité, du jeu politique et de la connivence au détriment de la transparence, de l'équité et de la loyauté.

Qui ne serait pas tenté de nager en eaux troubles puisque cela procure une certaine sécurité? Qui ne voudrait pas bafouer les règles une fois ayant reçu le soutien de son réseau relationnel? Qui ne voudrait pas trahir les valeurs de cohésion, d'esprit d'équipe et de complicité pour jouer perso et solo? Qui ne voudrait pas appartenir à cette communauté d'opaques qui est si puissante, si imprévisible et si injuste? Seules les personnes partageant ces valeurs rejoindront cette communauté. Je suis tout de même content de vous apprendre qu'une autre voie existe. Elle n'est pas parfaite, elle n'est pas sans embuche et elle n'est pas facile à emprunter mais elle est celle des lumières. Les règles que régit cette deuxième société ont le mérite de ne pas travestir, de ne pas ignorer et de ne pas sous estimer les règles invisibles mais elles tiennent compte de leur imprégnation dans notre société afin de trouver des solutions pour en finir avec les coups bas fratricides.
# Posté le dimanche 15 juin 2008 18:32

Pas si doué que ça le comorien?

Gad El Maleh dans un sketch posait la question suivante? "Est ce que quelqu'un que tu connais pas t'as donné quelque chose que tu ne connais pas?" Cette question illustre la puissance de ceux que tu connais pas mais qui pourrait t'apporter de belles surprises ou à défaut de gros ennuis. Tout le monde ne jure que par la capacité de connaitre quelqu'un qui connait quelqu'un qui pourrait contribuer à un bel succès. J'explicite: je connais un coiffeur qui connait un grossiste de produits capillaires qui pourrait m'aider à monter mon petit salon de coiffure style baber shop. Suivez mon regard => Cela s'appelle le réseau. Nous tous chacun a son petit réseau et certaines études montrent que par exemple Eva Mendes se trouve à quatre distances de nous c'est à dire nous connaissons une personne qui est en contact avec un journaliste qui tisse des liens amicaux avec l'attaché de presse d'Eva. On peut plus être clair là! Où en est l'homo comocus dans ce monde de réseau?

Je n'ai pas l'intention de verser dans l'anticomorianisme primaire mais hélas; force de constater que nous ne jurions pas encore par cette capacité à tisser des liens relationnels constructifs. De façon primaire, nous sommes extrêmement méfiant des gens qu'on ne connait pas et s'il nous arrive de les connaitre un peu plus, nous pensons immédiatement qu'ils ourdissent un complot contre nous. Quel gâchis analytique! Devrons-nous encore rappeler en 2008 que l'union fait la force? Ce qui demeure vrai pour le business l'est pour les relations interpersonnelles. On ne peut pas être constamment à la recherche de fournisseurs. Mais que sait-on ! Peut-être un ami peut te recommander auprès d'un autre ami qui par la suite te permet de tisser de profonds liens amicaux. N'est-ce pas une belle histoire d'amitié? Lors d'un déménagement on est tous content que le cousin débarque avec tous ses potes MC pour déplacer la commode. Une fois fini le déménagement, l'on continue de croire que ces MC ne sont qu'une bande de decrocheurs que la bac ferait mieux de les arrêter.

Pour certains l'intelligence se résume par la maitrise des disciplines scientifiques, littéraires et artistiques. Un conditionnement pur scolaire qui releve d'une vision archaique de l'intelligence. Or de sérieux experts soutiennent qu'une autre forme d'intelligence existe : c'est l'intelligence relationnelle. Une grande aptitude à tisser des liens amicaux ou professionnels avec ses pairs. Dire dans certains milieux qu'on a tel ou tel ami ou qu'on connait tel ou telle personne suffirait pour être catalogué de fayot ou de lèche .... Toute tentative de socialiser avec l'autre est perçue comme une agression. Dans un contexte difficile, seuls les individus ou groupes ayant cette faculté réussiront à s'en sortir car la puissance du réseau permet de faire fonctionner un levier très important. Or notre petite intelligence est coincée encore dans notre petit village et qu'il daigne même à connaitre les habitants du quartier d'en face. Pourtant, sans besoin de faire un sujet de recherche, nous excellons dans la capacité à s'entourer avec les mauvaises personnes ou les personnes ayant une forte propension à nous apporter ennuis et idées artificiellement géniales mais à moyen terme catastrophique. Nous serons meilleurs déjà si nous disions bonjour aux personnes qu'on a été présentés la veille. Y a du boulot.
# Posté le jeudi 05 juin 2008 17:29

C'EST PAS FOUTU !

C'est pas foutu! Il reste toujours une lueur d'espoir quelque part pourquoi pas le petit trou où passe la souris. C'est bien difficile d'admettre qu'on n'a pas de chance mais c'est réjouissant de se savoir battant et pleine de motivation. La chance, il en faut et faut en avoir mais on ne peut pas trop forcer. La hargne positive, l'envie de renaitre après le passage dans le désert apporte son lot de bonnes surprises.

C'est bien difficile de faire admettre dans une société où tout est mesurable et qu'on ne donne qu'à ceux qui apportent ou rapportent que la chance est une chose dont nous ne maitrisons pas. Il ne suffit pas de vouloir s'en sortir ou vouloir réussir, il nécessite aussi aussi de rencontrer la bonne étoile qui va éclore la chose. Combien d'entre nous se lève tôt pour travailler plus mais qu'ils traversent des sentiers battus là où ils ne croisent pas de bonne fée?

Que faire si la bonne étoile n'éclaire pas son chemin? Allez la chercher là où elle éclaire. Crois-moi; chez ceux que ça éclaire ne voudront pas la laisser partir. Que faire? La faire venir s'il le faut par les dents. Cela peut paraitre fou. Entre le croiser les bras et attendre ou se lever et donner un coup de bec, il n'y a pas d'autres alternatives hormis que d'arracher la bonne étoile sous peine de demeurer à jamais dans les ténèbres.
# Posté le lundi 19 mai 2008 18:08

Non les Comores ne sont pas frappées d'une malédiction

Non les Comores ne sont pas frappées d'une malédiction
Non les Comores ne sont pas une jungle amazonienne. N'est-ce pas ambigu de dire qu'on aime les Comores et ne pas vouloir s'y installer? N'y a-t-il pas un double discours à dire aimer son pays mais ne pas vouloir y lancer des projets? Le véritable frein au développement n'est-il pas le Comorien avec son pessimisme légendaire pour son pays et sa fatalité omniprésente?

Si tu veux affoler ton entourage, menaces-les que tu vas t'installer aux Comores. Les Comores représentent un gros gagala (ndrl un truc qui fait très peur on me disait ça quand j'étais gosse). Les phrases du style " tu as perdu la tête, tu déprimes vraiment, tu es un kamikaze, tu vas faire quoi, tu es fou" pleuvent à tel point que tu commences à croire que les Comores c'est un mélange du bronx et de la jungle amazoniennes avec comme ambiance une guerrilla marxiste, terroriste et pirate. 99% des réactions prônent pour un abandon de cette idée folle. Rares sont les personnes qui s'interrogent sur les motivations de ce retour au pays de notre ancêtre l'homo comocus, premier polygame, qui par son ingéniosité et sa capacité à survivre a traversé les îles à bord de kwassa kwassa versus ancien pour peupler les îles.

On ne peut pas prétendre aimer AL KAMAR si on veut laisser les autres le développer. On ne peut pas déclarer sa flamme à notre archipel des Comores et de l'autre côté on déconseille formellement à l'image du Quai d'Orsay de s'y rendre. Croire qu'il est dangereux voire kamikaze de s'y établir relève du pur pessimisme. S'installer dans les masiwa n'est ni bon ni mauvais toute est question de ce que l'on recherche et de ce que l'on veut y faire. Beaucoup de nos compatriotes ne savent même pas pourquoi ils se sont installés en France, pour y faire quoi? Quels sont leurs projets? Comptent-ils vieillir ici avec quel moyen financier? S'établir en France pour faire un job moyen qui ne donnera pas droit à une pension de retraite suffisante afin de prendre en charge la dépendance de la vieillesse est un calcul court-termiste d'autant plus que l'argument selon lequel on le fait pour les enfants n'est plus probant car l'on est entrain de fabriquer des précaires sans le vouloir.

Avec la mondialisation, la France n'est pas à l'abri d'un choc ou d'une crise qui fera péter tout ce système social que raffole bon nombre de nos concitoyens. Bâtir sa vie sur la seule valeur travail es certes louable mais l'humanité ne sait pas faite sur cette seule base, d'autres considérations ont vu le jour pour que l'être humain ne résume pas son existence au seul motif de gagner son pain. On peut réussir partout et la réussite n'est pas seulement liée au territoire car d'autres facteurs environnementaux jouent un rôle fondamental ( entourage familial, idées creatives, contexte poltique et social favorable, chance ...). Je ne prétends pas donner de leçons ici mais je souhaite transmettre l'amour et l'envie de m'établir aux Comores et Inchallah vous viendrez peut-être vous viendrez boire un thé Dagoni hatrou.
# Posté le dimanche 27 avril 2008 09:54